Royal Belgian Society

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28.07.2011
The RBSPS regrets the procedure used in the investigation of Test-Achats/Aankoop

Communiqué de presse

28 juillet 2011


La Société Royale Belge de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (RBSPS) souhaite réagir suite à l’article publié par Test Santé sur la chirurgie plastique. Elle convient qu’il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour améliorer la qualité de la prise en charge et de l’information des patients, comme le conclut l’association de défense des intérêts des consommateurs. Toutefois, la RBSPS regrette amèrement les moyens utilisés par Test-Achats pour aboutir aux conclusions présentées.

L’association de défense des intérêts des consommateurs, Test-Achats, a effectué une enquête auprès de 19 médecins (dont certains sont chirurgiens plasticiens, d’autres n’ont aucune compétence chirurgicale officielle, deux d’entre eux ne sont même pas inscrits au tableau de l’Ordre des Médecins Belge!) en vue d’analyser la qualité de l’information fournie lors d’une demande de chirurgie esthétique des seins. Dans le cadre de celle-ci, elle a demandé à une dame de se faire passer pour une patiente. Les résultats de cette enquête sont parus dans le dernier numéro de Test Santé et soulignent l’importance d’une bonne information des patients pour une meilleure prise en charge.

Si la Société Royale Belge de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (RBSPS) s’aligne sur les principales conclusions de Test-Achats, elle regrette amèrement les méthodes utilisées par l’association pour arriver à ses fins.

Tout d’abord, Test-Achats présente ses conclusions à l’aide d’une liste nominative des praticiens consultés. Ceux-ci sont alors individuellement classés et «cotés» en fonction de «leur prestation». Les médecins sont donc comparés tels de vulgaires biens de consommation. Outre choquante, cette pratique va à l’encontre de la future loi Tilmans, récemment votée au Sénat et réglementant la publicité relative aux interventions à visée esthétique. Le Dr Gaëtan Willemart, chirurgien plasticien et conseiller au sein du bureau de la RBSPS, s’indigne: «ce problème ne concerne pas seulement la chirurgie esthétique; elle touche toute la médecine en général. Cela nous semble un dangereux précédent de comparer nominalement des praticiens comme on le ferait pour des machines à laver ou des tondeuses à gazon».

Ensuite, l’article paru dans Test Santé est avare d’informations quant à la méthodologie utilisée pour mener cette enquête. Il ne fait nullement mention, par exemple, des critères de sélection des praticiens consultés. Or, comme le préconise la RBSPS depuis toujours, le choix d’un chirurgien plasticien reconnu est fondamental pour garantir une prise en charge de qualité.

Enfin, la RBSPS est d’avis qu’une seule patiente se basant sur une unique consultation ne permet pas de réaliser une évaluation sérieuse de la prise en charge d’une patiente par un chirurgien. Le parcours classique avant d’envisager sérieusement toute intervention plastique ne se limite en effet pas à un simple premier examen. De manière générale, dans le cas d’une correction mammaire, un minimum de deux consultations chez un chirurgien est nécessaire avant d’obtenir un dossier complet, comprenant notamment les résultats d’un examen clinique plus poussé, des explications plus détaillées en vue de l’éventuelle intervention et le complément d’anamnèse. Ces rendez-vous sont suivis d’une consultation chez un anesthésiste, lors de laquelle les antécédents personnels sont encore investigués plus en détails afin d’exclure toute contre-indication à l'opération. Enfin, un sénologue procède à un examen plus poussé des seins de la patiente (palpation, mammographie, échographie...) pour exclure toute possibilité de tumeur suspecte.

Dans son enquête, Test-Achats n’a vraisemblablement étudié que le début d'une prise en charge et en a donc tiré des conclusions hâtives.

La RBSPS rappelle qu’aucun acte d’esthétique médicale n’est anodin et ne peut être considéré comme une activité commerciale. Chaque intervention (chirurgicale ou non) est sujette à des indications et à des contre-indications et est susceptible de donner lieu à des complications, même si celles-ci sont peu fréquentes. Un traitement de chirurgie plastique exige donc une prise en charge préopératoire et postopératoire sérieuse par le chirurgien (et son équipe) qui pratique(nt) l’intervention. Les patients doivent donc être dûment informés de l’ensemble des éléments cliniques (indications, contrindications, aléas, complications…) et administratifs (frais, honoraires, absence éventuelle de prise en charge par la sécurité sociale et/ou par les assurances privées…). Sans oublier: la formation et la compétence reconnues qui sont requises des praticiens ainsi que les normes de sécurité strictes qui s’appliquent aux établissements dans lesquels ces actes sont pratiqués.

La RBSPS continue à mettre tout en œuvre pour créer un cadre légal permettant de lutter contre la commercialisation de la chirurgie esthétique. Dans ce contexte, elle se réjouit du vote favorable du Sénat pour la loi Tilmans réglementant la publicité relative aux interventions à visée esthétique. Elle espère à présent que les responsables politiques adopteront rapidement les deux autres volets législatifs: d’une part, la compétence et la formation requises des praticiens, et d’autre part, les normes de sécurité des centres dans lesquels sont pratiqués les interventions. Il existe dans ce secteur en Belgique un vide juridique énorme à combler au plus tôt.