Royal Belgian Society

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26.03.2014
Campagne de la VLK sur le thème de la reconstruction mammaire

Bruxelles, le 26 mars 2014 – La Vlaamse Liga tegen Kanker (ligue flamande contre le cancer - VLK) a lancé, le mardi 25 mars, une campagne visant à faire rembourser intégralement les reconstructions mammaires à l’aide des tissus propres de la patiente par l’INAMI. La Société Royale Belge de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (RBSPS) salue de telles actions, car elle est également d’avis que les reconstructions mammaires à l’aide d’implants ou de tissus propres, de même que d’autres interventions microchirurgicales doivent être accessibles et financièrement abordables pour chaque homme ou femme. « Chaque femme doit pouvoir choisir et accéder à la technique qui lui convient le mieux pour une reconstruction. Dans ce contexte, la patiente doit être correctement informée, accompagnée et conseillée, et c’est là le rôle du chirurgien plasticien, » explique le Dr Frans Missotten, président de la RBSPS.

Un reconstruction mammaire fait partie du domaine de la chirurgie reconstructive et n’a donc rien à voir avec la chirurgie esthétique. Le cœur du problème réside dans le fait que, dans le cas de reconstructions avec des tissus propres – et d’autres interventions microchirurgicales – il s’agit souvent d’interventions très complexes et longues pour lesquelles le remboursement prévu par l’INAMI est encore largement insuffisant. Une étude[1] récente de Tim Damen de l’Erasmus Universiteit de Rotterdam a notamment montré que les coûts chirurgicaux réels d’une reconstruction à l’aide de tissus propres sont environ 4 fois plus élevés que les remboursements actuels de l’INAMI en Belgique.

« Heureusement, la plupart des patientes en Belgique ont une assurance complémentaire qui compense la différence entre le coût réel et le tarif insuffisant de l’INAMI. Les membres de la RBSPS s’efforcent en permanence d’informer les patientes et de les encadrer au mieux, y compris en ce qui concerne les aspects cliniques et administratifs, » ajoute le Dr Frans Missotten. Il reste néanmoins encore trop de personnes qui passent à travers les mailles du filet et ces patientes ont réellement besoin d’une solution plus globale. Il ne faut toutefois pas oublier que les patientes qui ne peuvent supporter les frais pour des raisons financières fondées se voient, aujourd’hui déjà, offrir une reconstruction au tarif INAMI dans presque tous les centres de Belgique, après concertation avec le service sociale de l’hôpital.

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) lancera prochainement une étude visant à évaluer le coût réel d’une reconstruction mammaire avec des tissus propres. La RBSPS a choisi d’attendre le résultat d’une telle étude professionnelle et scientifiquement fondée avant de prendre de nouvelles initiatives.

La RBSPS collaborera toujours d’une manière constructive à un débat ouvert avec toutes les parties concernées dans lequel on cherche une solution qui prenne en compte les intérêts du patient. Et le Dr Frans Missotten de conclure : « Il faut toutefois éviter de prendre exemple sur le modèle de santé français, où les reconstructions à l’aide de tissus propres ne sont proposées qu’au compte-gouttes, étant donné que les chirurgiens et les hôpitaux ne sont plus disposés à proposer des procédures à perte. »



[1] L’étude de Tim Damen de l’Erasmus Universiteit de Rotterdam est disponible sur le lien suivant http://repub.eur.nl/pub/26819/