Royal Belgian Society

Nos dossiers de presse

05.04.2019
Réaction de la Société Royale Belge de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (RBSPS), l'organisation qui représente la majorité des chirurgiens plasticiens de notre pays, a  la suite de la décision des autorités sanitaires françaises (ANSM) de supprimer l’usage d’un grand nombre de prothe ses mammaires en silicone car jugées trop dangereuses.

La RBSPS s’étonne de cette décision radicale qui n’est pas basée sur des données scientifiques valides.

• À ce jour, la France est le seul pays au monde à être aussi catégorique. Sans doute que le scandale de la fraude des implants PIP et que l’affaire du sang contaminé ont influencé une telle attitude intransigeante.

• La problématique des rares lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) associés aux implants mammaires est connue depuis de nombreuses années. Sur les millions d’implants mammaires placés de par le monde, environ 600 cas ont été répertoriés, probablement moins en raison de doubles comptages. Selon les études, le risque serait de 1/3.817 à 1/30.000 durant toute la vie d’une patiente portant des implants texturés. Détectés tôt et correctement pris en charge, ces lymphomes ont un excellent pronostic. Il ne faut donc pas induire une angoisse injustifiée chez toutes les patientes qui ont bénéficié d’implants mammaires.

• Toute la communauté scientifique des plasticiens, les firmes produisant les implants et les organisations sanitaires des pouvoirs publics sont extrêmement sensibilisées et attentives à ces LAGC. Comme pour tout effet secondaire lié à un implant, il y a une obligation de les notifier au SPF Santé Publique. À ce jour, une dizaine de cas ont été recensés en Belgique. Détectée précocement, cette maladie est facilement curable avec une prise en charge qui se limite à l’ablation de l’implant et de la capsule qui l’entoure. Un gonflement brutal d’un sein ou une zone indurée doivent faire exclure ce diagnostic. Les patientes implantées ne doivent rien faire d’autre qu’un contrôle annuel de routine chez leur chirurgien plasticien. Aucun retrait préventif systématique n’est recommandé.

• La première hypothèse de l'origine de ces rares lymphomes serait une contamination bactérienne à bas bruit formant un « biofilm ». Celui-ci serait le déclencheur d’une stimulation immunitaire des lymphocytes. La silicone en elle-même ne serait donc pas responsable. Certaines enveloppes rugueuses d’implants semblent plus incriminées mais celles-ci présentent aussi des avantages évidents par rapport aux lisses. Ces lymphomes ont aussi été découverts sur des implants remplis de sérum physiologique (eau salée stérile), des implants lisses et même sur d’autres types d'implants que les prothèses mammaires (implant dentaire, pace-maker, prothèse de hanche, …).

• Comme tout dispositif médical, les implants mammaires comportent des risques et des inconvénients qu’il faut veiller à réduire au maximum. Nos patientes en sont bien informées. Toutefois, ceux-ci sont très faibles par rapport au bénéfice d’apporter le bien-être à ces patientes en quête de féminité ou après l’ablation d’un sein pour un cancer ...

 

Le conseil d’administration de la RBSPS

Pr Moustapha Hamdi - Président RBSPS
Dr Jean Van Geertruyden - Président Elu RBSPS
Dr Gaëtan Willemart - Ex-Président RBSPS
Dr Frans Missotten - Ex-Président RBSPS
Dr Steven Colpaert - Trésorier RBSPS
Dr Pascal Castus - Secrétaire RBSPS

Conseillers

Dr Nicolas Cuylits
Dr Diane Franck
Pr Benoit Hendrickx
Dr Marianne Mertens
Dr Xavier Nelissen
Dr Filip Stillaert
Dr Ivar van Heijningen
Dr Alex Verpaele
Pr Jan Vranckx